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1 juil. 2008

La Maison Blanche virera-t-elle au vert ?



Ecolife a mis en ligne le 6 juin un interview, repris par le JDD et l'Association Planète Urgence, dans lequel je mets en avant les enjeux environnementaux de la campagne. Contrairement aux clichés, il semble qu'il n'y ait pas vraiment de clivages entre les deux camps sur la question, mais des modalités d'approche différentes, et peut-être un nouveau tournant.

"Il n'y a pas de véritable point de discorde, sinon les déclarations d'Obama sur la taxation des profits des compagnies pétrolières, notamment d'Exxon, qu'il serait difficile d'entendre chez McCain."

" [...] ce que voient les Américains, c'est surtout que les deux se démarquent de Bush sur les questions d'environnement."


28 juin 2008

Environnement et sécurité : bonne nouvelle pour McCain

L'environnement est censé être un terrain démocrate, tandis que les républicains sont les amis du "business". Hélas pour Obama, non seulement McCain s'est opposé à la ligne du président Bush (malgré quelques revirements de circonstance) et s'inspire de l'exemple californien, avec l'ambitieuse politique de réduction des émissions de gaz carboniques du gouverneur Schwarzenegger, mais les défis de sécurité posées par les dérangements naturels pourraient jouer en sa faveur.

Le National Intelligence Council a publié cette semaine un rapport qui souligne les conséquences des changements climatiques en matière de sécurité internationale et pour les Etats-Unis, à travers les pressions migratoires et les effets de phénomènes naturels touchant le territoire américain. Qu'il s'agisse de sécurité intérieure avec la protection des infrastructures, y compris vitales comme les installations énergétiques, ou internationale avec l'immigration, voire la recrudescence de terrorisme liée aux désordres créés par les changements climatiques dans des pays en développement, ou plus généralement l'instablité et les crises qui pourraient en ressortir agravées, le lien entre ces deux dossiers apparemment distincts pourrait offrir à John McCain de quoi convaincre l'électorat que la sécurité élargie, avec ses multiples facettes, est le défi numéro 1 de l'Amérique et qu'il en est le meilleur garant.

Conforter un crédit déjà important sur la sécurité en établissant un lien avec l'environnement, voilà pour McCain une façon toute trouvée de séduire au-delà de l'électorat républicain et de se tailler un profil de réformateur et d'innovateur - qui ne serait d'ailleurs pas une imposture. Ce serait là une façon de rompre avec l'administration sortante et de mettre en exergue une approche non pas idéologique, mais réaliste et actuelle de la sécurité nationale, grand dada américain.

De quoi donner à réfléchir aux équipes d'Obama.

19 juin 2008

McCain devant l'équation énergétique

Comme les choses changent! McCain, qui s'était prononcé contre l'ouverture de la réserve naturelle de l'Alaska au forage pétrolier, soutenue par le président Bush, vient d'entamer son profil de défenseur de l'environnement en changeant d'avis sur l'offshore.

Le candidat républicain, jusque là défavorable aussi à l'ouverture de la plaque continentale sous-marine américaine, s'est rangé aux arguments du président, qui a annoncé des prévisions optimistes sur les ressources potentielles des sous-sols maritimes du pays. McCain rappelait Theodore Roosevelt, le premier président (républicain) écologiste qui multiplia les réserves protégées dans le pays au début du XXe siècle. Ses positions peu conventionnelles sur le sujet en faisaient un candidat original, au diapason d'une opinion sensibilisée à la protection de la nature. La campagne impose certaines révisions...

La décision de McCain de donner son aval à l'exploration OCS (Outer Continental Shelf) montre que les Etats-Unis devront passer par un vaste compromis consistant à changer certaines habitudes, mais aussi à encourager toutes les alternatives, y compris l'exploitation du territoire national.




En matière d'environnement, les deux candidats se placent en rupture par rapport à la présidence sortante, comme je l'ai mentionné dans un entretien à Eco-Life. Ils soutiennent un système de bourse de titres d'émissions polluantes (cap and trade) sur le modèle européen. Obama met l'accent notamment sur la réduction des émissions de Co2 et McCain sur la relance du nucléaire ou l'offshore. Le discours du premier est attendu. Il appelle à des investissements et des dépenses sur les énergies renouvelables et la recherche. On peut accuser le second d'être le portevoix de l'industrie, pourtant sa position est loin d'être irréaliste. La relance du nucléaire aux Etats-Unis a été évoquée par George W. Bush. Depuis un grave accident survenu à la centrale de Three Mile Island en 1979, les Etats-Unis sont prudents sur la question, mais leurs besoins en électricité imposent d'étudier toutes les options et McCain n'hésite pas à entrer dans le vif du sujet.

Je ne crois pas que ses déclarations le désserviront. Son opposition à l'exploration en Alaska a contribué à sa crédibilité et le soutien de Schwarzenegger, le gouverneur républicain de Californie qui a avancé des mesures très ambitieuses pour répondre aux défis écologiques - reprises en partie par Obama - le confortera.

La réalité est que ni Obama ni McCain ne peuvent en revanche faire grand chose pour réduire le coût du litre d'essence, symbole du mode de vie américain. De ce point de vue, le mécontentement des Américains dû à la hausse du prix des carburants ne pourra qu'encourager de façon décisive la prochaine administation à agir promptement. Réduire la "dépendance pétrolière" dont les politiques se gargarisent en période d'élection, consistera avant tout à trouver des solutions intérieures, bien plus qu'à l'international.

6 juin 2008

Mondialisation et compétitivité



Le prochain président devra répondre aux questions sociales qu'exacerbe la mondialisation:

Le Trade Reform, Accountability, Development, and Employment (Trade) Act déposé au Congrès par des élus démocrates avec le soutien de puissants syndicats tels que les Teamsters, pro-Obama, montre que la mondialisation ne sera pas absente du débat électoral, ni de la vie publique une fois passé l'élection de novembre.

Formation, compétitivité, reconversion des emplois, "fair trade" et environnement, tous ces thèmes liés à l'adaptation de l'Amérique à la mondialisation seront avec nous encore longtemps. Quelle politique commerciale sera conduite par la prochaine administration? Qu'elle soit démocrate ou républicaine, elle devra prendre en compte les exigences d'un Congrès qui restera démocrate et qui continuera de vouloir infléchir la politique des Etats-Unis en faveur de plus de protection et de clauses sur le travail et l'environnement dans les accords internationaux. Cette tendance lourde fait partie du débat global sur la mondialisation qu'amplifiera la hausse des produits alimentaires. En résumé, ce projet de loi est symptomatique des questions sociales que devra traiter le prochain président américain quel qu'il soit. McCain et Obama en sont conscients, dont le discours sur l'environnement rompt clairement avec la poliique du président sortant.

Déjà articles à ce jour sur ce blog.



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