L'économie revient dans la campagne, et le commerce international est à la confluence des problèmes.Dans son discours à Raleigh (Caroline du Nord) lundi 9 juin, le futur candidat démocrate se déclare favorable au libre-échange, après avoir dû critiquer vertement l'accord nord-américain durant les primaires, pour cause de vote ouvrier pro-Clinton. Il doit absolument récupérer cet électorat, d'autant moins hostile à McCain qu'il pourrait être réticent à élire un président noir...
Obama est contraint à un exercice d'acrobate : restaurer une juste répartition des richesses dans une Amérique où se creusent les inégalités et où la classe moyenne souffre de l'innovation technologique et de la concurrence étrangère, et ne pas se mettre à dos les forces économiques en prétendant rompre avec la politique américaine fondée sur les échanges internationaux. Sa situation paraît peu enviable.
Pourtant, un discours en faveur d'une mondialisation « juste », qui soutienne les échanges tout en ménageant les écarts de développement, c'est-à-dire qui ne ruine pas les bases industrielles de l'Amérique, pourrait être un puissant message auprès de l'électorat. Ce message collerait aussi à « l'espoir » et à « l'audace » qu'Obama veut incarner pour l'Amérique. De puissants lobbies industriels comme la NAM, l'association des manufacturiers, soutiennent des lois sur le commerce loyal (fair trade) et la réévaluation de la monnaie chinoise. Obama pourrait rassembler ouvriers et industriels autour d'un même message et poser de sérieux problèmes à son opposant. Un discours à la fois simple, réclamant justice, et construit, faisant écho aux préoccupations des entreprises américaines face à la concurrence des pays émergents, serait un détonant mélange.
McCain ne cesse de portraiturer Obama comme un champion des taxes. Les Américains sont très réceptifs lorsque ce chiffon rouge est agité, mais cela risque de ne pas suffire.
L'économie offre à Obama la possibilité de reprendre un avantage durable sur son concurrent, et il est à parier que s'il réussit à capter les inquiétudes d'intérêts en apparence contraires – ceux des cols bleus et des patrons – l'électorat y sera plus réceptif qu'aux arguments anti-iraniens de McCain.
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11 juin 2008
Obama le peuple
Mots-clés :
Barack Obama,
blue collars,
Chine,
commerce,
économie,
fair trade,
mondialisation
6 juin 2008
Mondialisation et compétitivité
Le prochain président devra répondre aux questions sociales qu'exacerbe la mondialisation:
Le Trade Reform, Accountability, Development, and Employment (Trade) Act déposé au Congrès par des élus démocrates avec le soutien de puissants syndicats tels que les Teamsters, pro-Obama, montre que la mondialisation ne sera pas absente du débat électoral, ni de la vie publique une fois passé l'élection de novembre.
Formation, compétitivité, reconversion des emplois, "fair trade" et environnement, tous ces thèmes liés à l'adaptation de l'Amérique à la mondialisation seront avec nous encore longtemps. Quelle politique commerciale sera conduite par la prochaine administration? Qu'elle soit démocrate ou républicaine, elle devra prendre en compte les exigences d'un Congrès qui restera démocrate et qui continuera de vouloir infléchir la politique des Etats-Unis en faveur de plus de protection et de clauses sur le travail et l'environnement dans les accords internationaux. Cette tendance lourde fait partie du débat global sur la mondialisation qu'amplifiera la hausse des produits alimentaires. En résumé, ce projet de loi est symptomatique des questions sociales que devra traiter le prochain président américain quel qu'il soit. McCain et Obama en sont conscients, dont le discours sur l'environnement rompt clairement avec la poliique du président sortant.
Mots-clés :
commerce,
environnement,
mondialisation
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