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21 janv. 2009

Obama et le Moyen-Orient: premiere surprise?

Le président Obama a désigné l'ancien sénateur George Mitchell comme envoyé spécial au Moyen-Orient (cela prendra effet après confirmation par le Sénat de la nomination de Clinton au département d'Etat).


Tous les noms ayant circulé jusqu'ici ne soulevaient pas un grand enthousiasme et n'auguraient pas d'un changement décisif de la politique américaine sur un dossier israélo-palestinien qui affecte terriblement les relations des pays occidentaux, y compris européens, avec le monde arabe. Kurtzer, Ross, Indyk et autres, tout ceci n'était pas encourageant.
Le choix de Mitchell, dont le travail lors des efforts de Bill Clinton pour un règlement proche-oriental furent largement salués, et qui n'entretient pas de lien particulier avec les Israéliens tout en ayant un lien proche avec la région - et même avec un acteur sans controverse, le Liban, dont sa mère était originaire - augure de meilleurs présages.

Catholique, de père irlandais, Mitchell a aussi joué un rôle très important, on s'en souvient, dans la médiation clintonienne en Irlande du Nord.

Sans s'enthousiasmer outre mesure, disons que la discrétion dans laquelle ce nom a été tenu montre peut-être une méthode de travail du nouveau président à la hauteur de son jugement intellectuel et de son sérieux. Une tentative d'insuffler moins de partialité dans la politique américaine au Proche-Orient? C'est par là que passera la réconciliation de l'Amérique avec le monde.

2 déc. 2008

Sécurité nationale et politique étrangère à la Obama

Que signifie la désignation de Hillary Clinton et des autres figures de la sécurité nationale américaine?

Avec Clinton, Gates et Jones, c'est la compétence et le bipartisanisme qui dominent. Le retour à une pratique bipartisane du pouvoir, en particullier en matière de sécurité nationale, était un leimotiv de la campagne et les deux candidats partageaient cet état d'esprit. Il n'est donc pas surprenant que Barack Obama suive cette voie dans la constitution de son équipe, et au Sénat John McCain sera probablement un allié de poids pour qu'une politique extérieure capable de restaurer le leadership américain soit conduite dans le consensus. Cela est particulièrement imortant dans les circonstances (Iraq, Afghanistan-Pakistan, Iran, Corée du Nord).

Le maintien de Bob Gates n'est donc pas une surprise. Continuité dans le service et esprit bipartisan sont les deux ressorts de cette décision attendue. Le choix du général Jones ressemble aussi à cela.

Quant à Clinton, donc: nommer une ancienne rivale à ce poste, cela renforce l'étoffe d'Obama, qui montre ne pas craindre de s'etourer d'une machine politique de cette force, redoublée par la présence d'un ancien président dans son ombre. Cela montre que l'expérience, là encore, est prise au sérieux pour relever les défis graves de l'Amérique au plan international. La présence de Clinton au département d'Etat, cela évitera peut-être aussi à Obama de trouver sur sa route au Sénat une voix forte qui puisse concurrencer les projets présidentiels en matière économique et sociale. Hillary au gouvernement, c'est une façon de souder la majorité présidentielle qui, plus elle est large, plus elle peut être source de difficultés. Quant à la rivalité possible, le fait est que le président a toujours autorité et le dernier mot.

Je ne crois pas non plus à plus loingue échéance que la présence de Clinton pourra lui ouvrir les voies de la contestation en 2012. Un président sortant qui souhaite se représenter est souvent reconduit. D'autant que l'on peut attendre toute loyauté de la part du vice-président Biden.

S'ajoute à cette équipe Susan Rice, ambassadrice près l'ONU, et Bill Richardson, secrétaire au Commerce. Celui-ci aurait probablement hérité du département d'Etat si Clinton avait décliné l'offre. Ancien ambassadeur de Bill Clinton près l'ONU puis secrétaire à l'Energie, muni d'un doctorat en affaires internationales, d'ascendance mexicaine, Richardson a aussi rempli des missions diplomatiques officieuses sous W. Son expérience et son poids politique, comme gouverneur du Nouveau Mexique, ajoutent à la qualté de l'équipe désignée pour gérer les relations extérieures, y compris commerciales. Car sous l'effet de la crise et de l'humeur protectionniste des Américains, défendre le libre-échange exige un négociateur roué et un familier des affaires mondiales.

Au total, les choix d'Obama paraissent mûris et cet assemblage que l'on aurait pu prdire improbable semble au contraire constituer une armature gouvernementale ultra solide.

28 juin 2008

Environnement et sécurité : bonne nouvelle pour McCain

L'environnement est censé être un terrain démocrate, tandis que les républicains sont les amis du "business". Hélas pour Obama, non seulement McCain s'est opposé à la ligne du président Bush (malgré quelques revirements de circonstance) et s'inspire de l'exemple californien, avec l'ambitieuse politique de réduction des émissions de gaz carboniques du gouverneur Schwarzenegger, mais les défis de sécurité posées par les dérangements naturels pourraient jouer en sa faveur.

Le National Intelligence Council a publié cette semaine un rapport qui souligne les conséquences des changements climatiques en matière de sécurité internationale et pour les Etats-Unis, à travers les pressions migratoires et les effets de phénomènes naturels touchant le territoire américain. Qu'il s'agisse de sécurité intérieure avec la protection des infrastructures, y compris vitales comme les installations énergétiques, ou internationale avec l'immigration, voire la recrudescence de terrorisme liée aux désordres créés par les changements climatiques dans des pays en développement, ou plus généralement l'instablité et les crises qui pourraient en ressortir agravées, le lien entre ces deux dossiers apparemment distincts pourrait offrir à John McCain de quoi convaincre l'électorat que la sécurité élargie, avec ses multiples facettes, est le défi numéro 1 de l'Amérique et qu'il en est le meilleur garant.

Conforter un crédit déjà important sur la sécurité en établissant un lien avec l'environnement, voilà pour McCain une façon toute trouvée de séduire au-delà de l'électorat républicain et de se tailler un profil de réformateur et d'innovateur - qui ne serait d'ailleurs pas une imposture. Ce serait là une façon de rompre avec l'administration sortante et de mettre en exergue une approche non pas idéologique, mais réaliste et actuelle de la sécurité nationale, grand dada américain.

De quoi donner à réfléchir aux équipes d'Obama.

Déjà articles à ce jour sur ce blog.



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