| Articles en français | Posts in English | Abonnement | Liens |


Affichage des articles dont le libellé est Hank Paulson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hank Paulson. Afficher tous les articles

28 juil. 2009

Chinobama: acte I, scène I

Les priorités américaines du premier rendez-vous stratégique et économique sino-américain sont claires : une Chine qui consomme plus et exporte moins, adopte des mesures environnementales dont l’impact sur sa compétitivité serait appréciable du point de vue américain, et aide les Etats-Unis à contenir tout risque de prolifération, notamment en provenance de Corée du Nord, à l’heure où le régime prétend ouvrir des négociations directes d’égal à égal avec les USA et ne plus considérer les négociations à Six (Russie, Chine, Japon, Corées, USA).

Ces objectifs étaient déjà ceux du Dialogue Economique Stratégique (SED)créé par Henry Paulson, le secrétaire au Trésor de George W. Bush, connaisseur de la Chine au temps où il était président de la banque d’affaires Goldman Sachs. La continuité est remarquable entre les deux administrations, tant sur le fond que sur la forme. La plus grande différence tient au partage des responsabilités, le SED version Obama étant rebaptisé Dialogue Economique ET Stratégique – c’est-à-dire que le poids lourd politique qu’est Clinton se voit octroyé un rôle de premier plan dont on a longtemps cru qu’il pourrait aller au vice-président Biden. Témoin de ce redécoupage, la tribune cosignée par les secrétaires d’Etat et au Trésor dans le WSJ du jour, qui ne dit pas grand-chose sur le sujet des rapports avec la Chine.

L’article établit officiellement, s’il en était besoin, le rôle acquis par la Chine sur la scène internationale, que les Etats-Unis élèvent au premier rang : « Simply put, few global problems can be solved by the U.S. or China alone. And few can be solved without the U.S. and China together.” Après la place clé prise par la Chine au premier G20 réuni à Londres au printemps, il est désormais admis que la Chine et les Etats-Unis sont indispensables l’un à l’autre, en particulier pour faire face à la crise et aux autres défis mondiaux. La valeur du dollar, qui préoccupe la Chine comme premier créancier des USA, dépend certes du déficit public US mais aussi de la valeur du yuan et d’une éventuelle baisse de l’excédent commercial chinois qui correspond, de mémoire, à environ un tiers du déficit de la balance commerciale US.

Cela, qui est connu, étant dit, ce sont de difficiles discussions qui doivent s’engager, car le rééquilibrage autour duquel tourne le réglage des rapports sino-américains consiste en des ajustements intérieurs, évoqués plus haut. En Chine, c’est de transformation structurelle majeure dont il s’agit avec le système bancaire et financier au cœur de la modernisation pour une utilisation plus saine et plus « économique » de l’épargne, et moins de subventions déguisées aux exportations.

Le but des sommets comme le SED, préparés des mois à l’avance, est de créer un climat de confiance et de familiarité même entre les dirigeants. Cela est d’autant plus important s’agissant de pays aux cultures éloignées et aux systèmes politiques aux antipodes – soulignons par exemple que les dirigeants chinois ne sont pas soumis aux cycles électoraux que tout politique occidental a en tête lorsqu’il évoque des sujets de contentieux.

La relation chinoise que doit gérer toute administration US s’inscrit dans le temps. Patience et dialogue continueront de marquer cet exercice. La seule nouveauté peut-être du sommet bilatéral est la confirmation quasi formelle de la centralité des rapports sino-américains pour l’avenir de la stabilité mondiale.

Il est à espérer cependant que progresse en coulisse une bonne intelligence sur l’immédiate question nord-coréenne, et que la Chine se convainque de l’inconvénient, y compris pour elle-même, d’une Corée du Nord nucléaire. Car cette réalité ne pourra que durcir les tensions sous-jacentes qui parcourent l’Asie-Pacifique et qui sont une menace sérieuse, quoique bénigne en apparence, à la paix mondiale.
En effet, un raidissement du Japon et de la Corée du Sud pourrait amener une concurrence à l’armement tandis que la Chine modernise son arsenal, notamment naval – suivi de près en cela par le sénateur Webb, ancien secrétaire à la Marine et actuel président de la sous-commission Asie au Sénat. Une conjonction d’événements pourrait être spécialement inquiétante : pour la première fois depuis la guerre, le PLD au pouvoir au Japon devrait perdre les élections et laisser la place à un parti de gauche. Une conduite insatisfaisante des affaires à Tokyo pourrait favoriser une droite nationaliste dans les années à venir qui réagirait à l’armement de la Chine et de la Corée du Nord avec plus de détermination, engageant une spirale de risques que les USA auraient du mal à maîtriser. Ce scénario à gros traits est tout à fait imaginable, et révèle l’importance d’une bonne intelligence sino-américaine.

Ce que le président américain dit avec ses mots: "Let's be honest (…). Some in China think that America will try to contain China's ambitions; some in America think that there is something to fear in a rising China. I take a different view. I believe in a future (…) when our nations are partners out of necessity, but also out of opportunity”.

29 oct. 2008

Le spectre du socialisme?

John McCain se concentre depuis plusieurs jours sur ce que les Américains craignent par dessus tout et qui est si brutalement à l'encontre de leur credo économique: le socialisme.

Avec l'intervention de l'Etat, tout d'abord limitée à la reprise d'actifs douteux des banques par le Trésor, puis renforcée avec des prises de participation et de contrôle, le refus d'une socialisation de l'économie avait été clairement exprimée par le secrétaire Paulson lui-même.

En rappelant qu'Obama est favorable à plus de justice sociale, McCain tente d'inverser la dynamique favorable aux démocrates qu'a créée la crise, en prévenant que leur interventionnisme indécrottable sera d'autant plus à craindre que l'Etat s'est arrogé des leviers d'action directs dans l'économie à travers les plans de sauvetage.

La dénonciation du socialisme rampant sera-t-elle assez efficace pour rertenir l'envol d'Obama?

Cela est bien possible, mais reste très incertain, comme l'est un éventuel cousinage social-démocrate qui verrait Europe et Amérique se rapprocher par la définition d'un équilibre comparable entre Etat et marché. Les Etats-Unis, même en cas de victoire démocrate, resteront la terre du marché d'abord.

22 sept. 2008

Le jour d'Henry Paulson

L'intervention spectaculaire de l'État américain vient d'être dévoilée pleinement par le secrétaire au Trésor Hank Paulson (qui dirige aussi le SED). Cet ancien président de Goldman Sachs explique la situation avec clarté dans Meet the Press, émission phare du PAF américain sur MSNBC.



"King Henry", ainsi que l'appelle cette semaine l'hebdomadaire Newsweek, parle des erreurs commises par les emprunteurs et les prêteurs et de la nécessaire intervention d'un régulateur à l'avenir, d'AIG à quelques heures de se déclarer en banqueroute, etc.

Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'établir un lien entre la crise actuelle et les préoccupations des Américains dans Les Échos d'aujourd'hui, autrement dit le lien entre les événements financiers et la sphère politique et la responsabilité des dirigeants publics, un instant relégués à l'arrière-scène par l'ampleur de la crise.

Obama a cependant eu une bien meilleure réaction que McCain, insistant sur la notion de confiance indispensable à l'économie et sur l'importance vitale de liquidités, quand le républicain réitérait que les fondamentaux étaient bons.

4 juin 2008

Le Choc des Prospérités : les USA face à la Chine




L’humeur protectionniste qui pèse sur la campagne électorale américaine voit les candidats démocrates attaquer le libre-échange et même l’accord nord-américain (Alena) voulu par G. H. W. Bush et signé par Bill Clinton.

La rust belt, la ceinture industrielle du Midwest et des Grands Lacs, qui souffre de la concurrence internationale et plus encore de l’innovation technologique et des gains de productivité, comme l’explique le président de la banque centrale Ben Bernanke lui-même, commande ainsi aux candidats de prendre des positions qui sont parfois à rebours de leurs propres convictions.



Seul McCain ne s’embarrasse pas de ces exigences électorales et se dit favorable au libre-échange.


Faisons une pause et revenons vers les questions économiques sino-américaines.


L’économie va peser dans le débat, grossissant le trait et mettant en exergue les inquiétudes de la classe moyenne.
Pourtant, la menace économique chinoise à long terme est-elle aussi inquiétante ? La capacité d’adaptation de l’Amérique est-elle épuisée ? Le modèle économique américain, en mutation, est-il incapable d’une transition vers de nouveaux schémas où la force industrielle serait modernisée, le savoir-faire des cols bleus renforcé, au prix certes de reconversions importantes ?
Il est intéressant de relire cet article paru en 2007 dans le Wall Street Journal, que j’avais archivé, et qui éclaire le débat économique sino-américain. Il est reproduit ci-après.

Les défauts de la transition chinoise sont importants et les commentaires d’individus qui travaillent en Chine ou y ont créé une affaire soulignent les insuffisances de la formation et les déséquilibres du circuit financier, notamment. Non que l’émergence économique de la Chine et son impact sur les économies industrielles soient à remettre en cause, mais le choc des prospérités que cela engendre n’est peut-être destiné à être si ravageur. Ce serait la fin des pays riches. L’interdépendance reste une réalité.

Le but du SED, le Strategic Economic Dialogue mis en place par l’administration Bush et que dirige le secrétaire au Trésor Hank Paulson, vise à cela. Les résultats sont mitigés par ce que les Chinois veillent surtout à contrôler leurs déséquilibres internes et à éviter une crise sociale qui serait désastreuse, mais toute la question est de juguler la force des vases communicants du commerce et des échanges entre les deux pays.


Je ne crois pas à la disparition de la force économique des Etats-Unis.
La protection sociale est, comme chez nous, un vrai sujet, mais les conditions de l’adaptation à l’émergence des économies d’Asie, les besoins de modernisation de ces économies, enfin la taille de l’économie américaine, font que l’ajustement ne signifie pas désindustrialisation.
L’adaptation de General Motors aux exigences environnementales, et surtout au prix du gasoil, illustrent le type de transition qui pourra se faire sous nos yeux.

Qu’en dira la campagne ? Que diront McCain et Obama sur le choc des prospérités sino-américain ?


The China Syndrome
By JEREMY HAFT
July 16, 2007
What could be reassuring about killer Chinese toothpaste, toys and tires? Hard to believe, but there's a silver lining. The rash of product recalls reveals that China is not the manufacturing juggernaut we fear -- and that America has an edge we tend to overlook.

Sure, greed factors into why Chinese suppliers make defective, even harmful products. But often it's because of just plain ineptitude.

If you visited a typical Chinese factory, you'd see why. It lacks capital, technology and know-how. Its workers place obedience over quality. And it sits along an endless chain of middlemen.

On average, it takes China 17 separate parties to produce a product that would take us three. Unlike Japan in the 1980s, little companies drive China's economic growth, not big ones. China's industries are composed of hundreds of thousands of tiny factories and farms -- plus traders, brokers, haulers and agents, all of whom take control of the goods and materials but add little value to the product. With every additional player in the chain, the cost, risk and time grow. Effective quality control in this environment is difficult.

So is effective cost control. Despite cheap labor, making goods in China is often more expensive than in the U.S. Far from being a bottomless ATM of cheap consumer goods, China is a risky, costly and time-consuming place to do business.

Yet polls show a majority of Americans believe China has mastered basic manufacturing -- and it's now barreling into our high-tech backyard. That's false. As the product recalls demonstrate, China can barely make low-value goods reliably, much less higher-value ones. The problems are structural, not the result of a few bad apples.

To compete head-to-head with the American economy, China will have to revolutionize the very way its industries are organized. It must shake out the thousands of low-value middlemen and integrate the tiny factories into larger, more competitive companies. It must train a workforce in modern technology and business practices. And, it must instill transparency and a uniform rule of law. Such an effort could span generations.

Meanwhile, we're expected to believe that America will import Chinese passenger cars in just two years. Making products that live up to international standards requires more than simply modern production lines. Your entire corporate culture, along with that of your suppliers and buyers, must be focused on minimizing errors and defects. Rattle around in a Chinese-made car and you'll see tangible proof of why they've had to delay their launch into the U.S. market again and again -- and just how far China still has to go before it can make a car Americans will buy.

The U.S. economy, on the other hand, can efficiently produce a wide variety of goods and services. In most industries, we're decades ahead of China. And, huge swaths of our economy -- like the services sector and high-tech manufacturing -- don't even exist in China yet.

America possesses this competitive edge at the precise moment when Chinese consumers are buying more than ever before. China's middle class already outnumbers the combined populations of the United Kingdom and France. And it's expanding at a rate not seen since the industrial rise of the U.S., Europe and Japan.

Chinese consumers want modern homes, schools and hospitals, as well as advanced technologies and infrastructure. Local sources can't keep up with demand. So China imports most of the higher-value goods, materials and services it needs. As a result, China is increasingly buying American and growing five times faster than any other market for U.S. exports.

Nearly all sectors of the U.S. economy are experiencing unprecedented Chinese demand. And while most Americans fear the flood of cheap Chinese goods, many of these products are, in fact, composed of U.S. raw materials and components. The Chinese apparel that lines our shelves is made from American cotton; the housewares from American steel; the computers from American technologies. So as Chinese imports to the U.S. surge, American exports to China surge, too. China is buying from large U.S. companies as well as small ones, and China is the fastest-growing export market for small business.

We should take another hard look at the "China Century." China's rise need not drive America's fall. By tapping into its expansion and capitalizing on our strengths, America's companies have a once-in-a-century windfall opportunity to build value, make money and create jobs here at home -- not shutter the shop.

Putting near-term gains aside, though, the next century will not be led by the country that can make the cheapest copy of a spark plug. It will be led by innovators and entrepreneurs, America's unrivaled assets. Innovation -- not imitation -- will create jobs and maintain America's economic primacy in the century ahead.

The scope of the product recalls will surely widen as we start to scrutinize what we're importing from China. Remember, these recalls tell us as much about China as they do about America. The silver lining is our inherent strength.

Mr. Haft is the author of "All the Tea in China: How to Buy, Sell, and Make Money on the Mainland" (Portfolio/Penguin Books, 2007) and founder of BChinaB Inc.

Déjà articles à ce jour sur ce blog.



Haut de la page