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4 juil. 2010

Rolling stones de l'Amérique à l'Europe

Le départ du général McChrystal après son entretien au magazine Rolling Stones porte un coup de plus à l'image des Etats-Unis et à la confiance dans leur capacité à changer la situation en Afghanistan pour un avenir plus stable.

L'outrecuidance des propos du général, plus en phase avec le caractère sanguin des années "W" que l'approche analytique d'un Obama, est en soi navrante, mais sa mise à pied illustre l'absence de pleine intelligence entre les dirigeants civils et militaires et les oscillations de la politique américaine. Les commentaires ont été nombreux et la chronique d'Alain Frachon dans le Monde du 1er juillet est une excellente mise en perspective du problème.

Les longues délibérations sur la politique à mener en Afghanistan l'an dernier, qui avaient suscité des doutes quant aux capacités d'Obama comme commandant en chef, annonçaient déjà les incertitudes que le renvoi de McChrystal vient rappeler sur le sens et la planification de l'action américaine - et alliée.

De ce point de vue, peut-être le jugement du général américain sur le vice président Biden n'est-il pas entièrement erroné? Les dirigeants politiques sont-ils à la hauteur du défi? En révélant un manque de confiance dans la chaîne de commandement, les remarques du général posent cette question plus large qui est pertinente aussi en Europe. Les divisions des Européens et les côtes abyssales des principaux responsables laissent dubitatifs quant à l'étoffe des dirigeants publics. Aucun grand pays de l'Union n'y échappe, à l'exception peut-être de l'Italie, où les ressorts de la popularité du Premier ministre sont largement incompris à l'extérieur.

Les difficultés liées à la crise contribuent au désamour, cela est entendu. Mais le phénomène semble plus profond, et un petit éclairage à la Rolling stones en Europe ne révélerait sans doute pas une meilleure estime pour les dirigeants de la zone que celle exprimée par l'ex chef des opérations américaines en Afghanistan. L'action des Alliés dans ce pays mérite un nouveau débat.

18 août 2008

De la Géorgie au Pakistan, un jeu de montagnes russes

Menacé de destitution par la coalition parlementaire qui fait la Majorité, Pervez Musharraf a annoncé aujourd'hui sa démission de la présidence du Pakistan. Ce vide donne un haut-le-cœur. Non que Musharraf soit aimable, mais on sait ce que l'on perd et l'on ne sait pas ce que l'on gagne, dans un pays qui représente un danger réel pour la paix régionale et partant, mondiale, puisque le Pakistan possède l'arme nucléaire. Le renversement dans la violence que l'on pouvait craindre ne s'est pas produit et c'est donc tout en douceur que se passe la transition. L'armée n'a pas suivi son ancien chef et les États-Unis ont sans doute pesé dans la balance. Il reste que l'incertitude domine encore l'avenir de ce pays clé dans la lutte antiterroriste, où la majorité politique hétéroclite risque de se fissurer par soubresauts une fois éliminé son ennemi commun.


Autre haut-le-cœur, les déclarations de la chancelière allemande sur l'adhésion future de la Géorgie à l'OTAN. Après le sommet de Bucarest au printemps, qui avait enterré le projet de Bush sur une entrée de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'Alliance, l'Allemagne affirme que la Géorgie sera dans l'OTAN. L'apaisement et la mise en ordre des relations euro-russes dans un cadre stratégique et politique réfléchi ne seront pas facilités par ces déclarations. C'est pourtant un enjeu européen majeur des prochaines années. L'élection de John McCain ne devrait pas non plus faciliter la gestion par les Occidentaux des incertitudes russes quant au destin de la Russie post-soviétique. Un président Obama serait plus en phase avec les exigences de ce défi qu'ont en partage Européens et Américains.

Les erreurs des années 1990 se payent. Comment créer une relation de confiance avec la Russie ? Cette question restera sans réponse si l'on cherche à repousser toujours plus les limites de l'empiètement de l'influence russe sans contrepartie significative.

Déjà articles à ce jour sur ce blog.



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