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29 juil. 2008

La Russie, Medvedev, Obama




Dans son discours de Berlin, Barack Obama a parlé de coopération avec la Russie. Il a dénoncé l'esprit de guerre froide qui envahissait encore les relations américano-russes.
De son côté, le nouveau président russe a exposé à Berlin, quelques semaines avant le passage d'Obama, un plan d'alliance redessinant une architecture de sécurité européenne où serait établie une organisation post-OTAN dans laquelle la Russie aurait une place. J'évoque précisément cette idée dans mon ouvrage "Après Bush" (à paraître en septembre), car la grande erreur des années 1990 fut sans aucun doute à mes yeux l'élargissement de l'Alliance atlantique et non la réinvention d'un système qui aurait évité de froisser la Russie. L'héritage soviétique et KGBiste de la Russie, parfaitement incarné par Poutine, ne peut justifier une telle erreur stratégique. Il était évident que les anciens cadres soviétiques n'allaient pas s'envoler ou changer du jour au lendemain la culture soviétique dans laquelle ils avaient été formés. Le résultat est que les relations entre Occidentaux et Russes restent imprégnées d'une profonde méfiance - les polémiques sur la Géorgie, l'Ukraine ou la défense antimissile le montrent.

Ainsi donc, les dirigeants russes, y compris le jeune président Medvedev (qui a l'âge d'Obama), aspirent-ils à réaffirmer le rôle de leur pays sur la scène internationale, et comme l'évoque aujourd'hui la presse américaine, à corriger les défauts des équilibres politiques et de sécurité post-guerre froide, maintenant que les revenus pétroliers lui garantissent une manne extraordinaire.


Dmitri Anatolievitch Medvedev


Les torts sont sûrement partagés, quoique la responsabilité première de la méfiance incombe au vainqueur, c'est-à-dire aux Occidentaux. Le Monitor le dit très bien : "les tensions actuelles entre Moscou et l'Ouest ne sont pas dues à une hostilité irrémédiable idéologique ou géopolitique. Le problème majeur (...) vient de l'incapacité des Occidentaux à avoir travaillé avec la Russie à la réinvention d'une architecture de sécurité globale après l'effondrement de l'URSS".

Peut-on espérer qu'un président Obama réussisse avec son homologue russe, qui appartient à sa génération, à créer et impulser une nouvelle dynamique des relations américano-russes ? Là-dessus il est certain qu'Obama est bien mieux placé que John McCain.


Cet article est une co-édition Politique Américaine / 20minutes

29 juil. 2007

Russia, Medvedev, Obama

In his Berlin speech, Barack Obama talked about cooperation with Russia. He fingerpointed the Cold War mentality and spirit that still pervades US-Russia relationships.

A few weeks before Obama's visit, the new Russian President exposed in Berlin his vision of a new, post-NATO security framework in Europe where Russia would be a full player. I mention about the same idea in my book "After Bush" to be published in France in September, because I strongly believe that NATO enlargement was a major mistake. Instead, the reinvention of an altogether new security and political architecture would have facilitated a new start with post-Soviet Russia. The possible argument that the Soviet, KGB legacy of Russia would somehow justify a silent Cold War after the Cold War, humiliating a weakened Russia, was non sense. Obviously, Russian leaders raised in the Soviet Union would not abandon their Soviet culture overnight but act in ways that would carry the legacy of the Soviet past eventhough the USSR was dead. This was all a strategic mistake, as the mistrust deeply engrained in relations between Russia and the West shows - tensions about Georgia, Ukraine, and missile defense illustrate that point too well.

So Russian leaders, including the youthful new President (same age as Obama), do aspire to reassert the role of Russia on the international stage, and as the US daily press says today, to adjust the post-Cold War security and political arrangements, now that oil windfalls give them so more muscle.

The responsibility is largely shared, although the prime guilt always belong to the winner - the West. The Monitor puts is very well : "today's growing rift between Moscow and the West is not based on irreconcilable ideological or geopolitical hostility. The main problem, they say, stems from the West's failure to work with Russia to re-imagine global security architecture following the USSR's collapse".

Shall one hope therefore that a President Obama and his Russian counterpart will succeed in creating a new dynamic in Russian-US relations ? Obama certainly is in a better position that John McCain on that major foreign policy issue.

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