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24 juil. 2008

Barack Obama à Berlin



Obama est très attendu. Partout se multiplient les parallèles avec JFK (John Kennedy) et son fameux « Ich bin ein Berliner » d'historique mémoire. Mais à élever à ce point les attentes, ne peut-on pas qu'être déçu ? Et au fond, qu'Obama va-t-il bien pouvoir dire qui ne sera que rhétorique ou bien démonstration destinée au seuls Américains, les seuls à décider qui succèdera à George W. Bush en janvier 2009 ?


Symbole pour symbole, la chancelière allemande a décidé que le discours n'aurait pas lieu devant la Porte de Brandebourg, haut lieu historique où le président Reagan appela Gorbatchev à abattre le Mur. Obama n'est encore qu'un candidat, et la Porte ne saurait servir de tribune électorale. Sage décision. Le discours sera donc prononcé devant la colonne de la Victoire.

Quant au contenu ? La popularité d'Obama en Europe est certes un argument pour compenser l'accusation d'inexpérience en politique étrangère, mais cela ne sera pas suffisant. Surtout, plaire trop aux Européens ne sera pas nécessairement bien perçu par tous aux États-Unis, et pourrait déterminer certains électeurs à se porter sur un McCain incarnant mieux la liberté d'action américaine, sans l'entrave d'une coopération internationale systématique et d'un multilatéralisme inefficace ; « ne le voit-on pas à l'ONU face à l'Iran ? » pourraient se dire ces électeurs-là.

Obama devra donc modérer l'internationalisme de son discours, car ce ne sont pas les Allemands mais les Américains qu'il faut convaincre. « Trop courtiser la "vieille Europe", à quoi cela sert-il ? » pourrait-on lui reprocher. Les vrais défis sont en Asie et en Irak, et là les Européens sont absents. C'est ailleurs qu'il faut aller, comme McCain, qui se soucie d'abord des troupes (qu'il a visitées plusieurs fois déjà). Bref, un succès en Europe servira incontestablement l'image d'Obama aux États-Unis, mais elle ne fera pas de lui un président.

S'agissant maintenant des Allemands, leur enthousiasme risque d'être déçu si Obama appelle à un rôle militaire plus important aux côtés des États-Unis dans cette guerre contre la terreur qu'il faut bien finir, ce qui ne sera pas fait en 16 mois (le calendrier de retrait des troupes d'Irak proposé par Obama) tant le piège afghano-pakistanais reste complexe et la situation au Moyen-Orient fragile.

Les symboles en politique sont puissants. Récupérer un peu de l'aura (exagérée) de JKF ne fera que du bien à Obama, mais les discours, et plus encore les actes en 2009 s'il gagne, risquent de ne pas être à la hauteur des attentes exprimées à Berlin.

23 mai 2008

La Politique étrangère ouvre la campagne

La politique étrangère continue de nourrir le débat entre les deux candidats présumés.

Le site de John McCain a publié mercredi un communiqué sur la position d'Obama. C'est une façon d'asséner que le futur candidat républicain est le champion de la sécurité, point fort des républicains. Il me semble que cette approche est d'autant plus nécessaire que la situation actuelle est unique depuis soixante ans :

Ce sont les démocrates qui ont commencé les guerres et les républicains qui ont éteint les feux, pas le contraire: Truman en Corée, Kennedy et Johnson au Vietnam, conflits interrompus par Eisenhower et Nixon. Cette fois-ci, c'est un républicain qui a envahi l'Irak. McCain doit donc réussir l'exercice de s'imposer en matière de sécurité puis de se démarquer des actions du président sortant.

Quant à Obama, il lui faut donner plus de substance à son discours d'ouverture et en préciser les contours. Pour McCain, le débat de politique étrangère est aussi une façon de reprendre la main après que les projecteurs aient été braqués sur les primaires démocrates et d'affaiblir son opposant présumé avant même sa nomination.

L'économie reviendra au cœur du débat, mais ce départ éclatant de la campagne sur la politique étrangère pourrait annoncer un débat captivant.




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