Le discours du 19 mai sur le Moyen-Orient était un peu le discours du Caire II. Prenant la suite de cet appel fondateur de juin 2009 qui prétendait refondre la relation américano-arabe, Obama a reformulé le cadre de la politique américaine dans la région devant les événements qui s’y succèdent depuis janvier. Au vrai, il s’est aussi rattrapé après avoir laissé l’impression, à tort ou à raison, d’hésiter à soutenir la rébellion en Egypte et en Libye, tandis que le statu quo qui a prévalu depuis son discours du Caire, et le camouflet israélien au sujet de la colonisation qu’il avait clairement indiqué comme l’obstacle clé à la paix, ont désillusionné l’opinion arabe quant au rôle des Etats-Unis.
Ce discours et ses suites, y compris l’intervention d’Obama ce dimanche devant l’AIPAC, le lobby israélien à Washington, inspirent trois remarques :
• Les critiques devant sa position durant les événements ne prennent pas suffisamment en compte les obstacles à une rupture radicale de la politique américaine
• Obama montre une cohérence et une résilience audacieuses sur le sujet du Proche-Orient
• Il place la résolution du conflit israélo-palestinien dans le cadre d’une lutte civique plus qu’internationale qui fait écho à sa propre expérience américaine
Le scepticisme domine au Moyen-Orient car aucun tournant n’est venu soutenir le discours du Caire, et parce qu’Obama n’a pas pu surmonter les blocages au sein de la politique washingtonienne. Le soutien construit au fil du temps au profit de l’alliance américano-israélienne est tel que son caractère dit « inconditionnel » semble gravé dans le marbre au même titre que la Constitution des Etats-Unis. De ce point de vue, le scepticisme est donc justifié. Un président ne peut du jour au lendemain rééquilibrer une situation qui résulte d’une telle intimité. En revanche, les critiques qui dénoncent les hésitations de l’administration américaine ont beau jeu. Il était très difficile de prendre des décisions dans l’urgence, de s’aventurer à engager la crédibilité des Etats-Unis en faveur de mouvements incertains, mal identifiés, contre des régimes en place qui auraient pu mâter une rébellion trop faible et n’auraient alors laissé que le choix entre une rupture sans issue ou un conflit armé ouvert, que l’on aurait probablement vite fait de reprocher aux Etats-Unis comme un signe de leur impérialisme.
Obama fait preuve d’une grande cohérence dans son approche des relations avec le monde arabo-musulman. Pris de court par des événements imprévisibles qui laissent peu de marge d’erreur dans la réponse à leur apporter, et qui sont une étape historique vers le Moyen-Orient qu’il a lui-même décrit au Caire, il réaffirme sa compréhension des enjeux de la région. En particulier, se précise l’idée que l’échec socio-économique depuis les indépendances, par des régimes n’offrant guère de perspective mais confisquant la liberté au nom d’impératifs de sécurité, que ce soit ceux de la guerre froide ou du conflit israélo-palestinien, a nourri l’exaspération libérée dans les révoltes de 2011. Au-delà des relations interétatiques, c’est donc la force de l’émancipation que doit prendre en compte le président américain dans la restauration du leadership des Etats-Unis. Celle-ci fait pleinement écho aux valeurs universelles qu’entend incarner la démocratie américaine, mais elle n’a pas été le résultat d’actions des Etats-Unis. Elle s’est mise en marche sans regarder vers une Amérique dont l’exemple reste amoindri depuis l’invasion de l’Irak, et devant l’absence de changement majeur suite au discours du Caire. Il n’en reste pas moins qu’Obama creuse un sillon. Il conforte sa vision de la région et des relations avec les Etats-Unis, distinguant les Etats et les peuples et affirmant, pour l’essentiel, que la politique et les intérêts expliquent un divorce contre nature entre des Etats-Unis nés d’une rébellion contre un empire, et des peuples aspirant à une semblable émancipation. Cette connivence inaboutie, confisquée par la politique contemporaine, est probablement la raison pour laquelle, malgré la désillusion qui domine dans la région quant à la « magie Obama », une lueur d’espoir que les Etats-Unis rompent enfin avec leur politique passée de soutien aux régimes autoritaires et d’alliance « inconditionnelle » avec Israël, résiste sûrement au fond des esprits et des cœurs.
D’autant qu’Obama aborde le sujet israélo-palestinien d’une façon aussi nouvelle que subtile et en même temps subversive, en l’associant assez clairement à une lutte pour la « dignité humaine » comme le fut le combat pour les droits civiques des Noirs américains. Ce combat est aussi celui des Arabes qui renversent les régimes oppresseurs, et Obama le métis ne saurait mieux s’y identifier. Cette dimension passe souvent inaperçue, elle est pourtant la marque d’Obama, celle qu’il laissera dans l’histoire de la présidence américaine et du conflit du Proche-Orient., et elle réapparait dans le discours du 19 mai : « Je ne serais pas devant vous aujourd’hui si les générations passées n’avaient pas démontré la force morale de la non-violence pour renforcer notre union – organisant, marchant and manifestant pacifiquement… »
Enfin, le discours du 19 mai a reconnu une force en action dans le monde actuel, l’auto-détermination des peuples, qui est cœur de mon nouvel ouvrage, Le monde d’Obama. Ce que j’appelle l’émancipation, et que je décris comme le fait marquant du monde où Obama préside aux destinées de la première puissance du monde, Obama lui-même y fait référence dans son discours en parlant d’auto-détermination. Les deux termes se valent, ils désignent un phénomène avec lequel Obama est instinctivement en intelligence, celui où les peuples s’affirment dans l’histoire après l’âge des Etats et des idéologies. C’est du Moyen-Orient que le signal est parti en janvier 2011, mais il était décelable auparavant. Le monde d’Obama explique notamment pourquoi la Chine et son parti unique n’y échappent pas.
23 mai 2011
Le sillon d'Obama
12 mars 2010
Obama entre les menhirs
Deux choses s'imposent avec plus d'évidence qu'hier au président américain et contraignent son appétit de réforme à l'intérieur comme au plan international.
Le premier est le commerce: Obama est pris dans une contradiction à laquelle n'ont pas échappé ses prédécesseurs, celle d'une conviction que la liberté de commerce bénéficie à l'Amérique et aux emplois aux Etats-Unis, y compris par l'importation de biens de consommation bon marché qui satisfont le pouvoir d'achat des moins nantis, contre la réalité d'un marché du travail qui subit les conséquences de la concurrence étrangère. Le discours sur la destruction des emplois à cause du libre-échange, tenu notamment par la gauche du parti démocrate et les syndicats, hypothèque l'adoption d'accords en déshérence au Congrès depuis des années avec la Corée, la Colombie et le Panama.
Devant la colère de l'opinion et les mauvais chiffres de l'emploi, le pouvoir n'est pas prêt de se découvrir et de pousser pour l'adoption de mesures qui apparaissent néfastes à une grande partie de l'opinion - et des élus qui vont chercher à être reconduits aux midterms de novembre.
Jobs, jobs, jobs: cette priorité absolue interdit à l'administration d'avancer sur le front du commerce international et de défendre ses positions, sans compter qu'au plan multilatéral (l'OMC) les tensions ne sont pas près de s'éteindre.
L'autre grand sujet, qui est lié à la politique étrangère, c'est le Proche-Orient. Les relations entre Obama et le Premier israélien sont mauvaises, mais le camouflet reçu cette semaine est une première: Israël annonce la construction de 1600 unités alors que le vice-président Biden est en visite pour préparer la venue d'Obama. La colonisation n'est donc pas suspendue alors qu'Obama en avait fait une condition de toute issue au conflit avec la Palestine depuis l'occupation.
Inutile de dire que la visite d'Obama est désormais impossible. Ce qui s'impose à lui avec une force inaltérable, c'est le lien politique intérieur qui fait de l'alliance inconditionnelle une réalité incontournable de la politique américaine.
Obama est pris entre deux menhirs de la politique américaine qu'il est quasiment impossible de bouger et le changement que l'on attendait est largement compromis - pour le pire et non pour le meilleur.
21 juin 2009
Deux défis en une semaine
Deux événements ont marqué la semaine, outre la réélection du président iranien; la visite à Washington du président sud-coréen Lee Myung-bak et la « réponse » de l’Israélien Netanyahou au discours du Caire.
Le second sujet est vite évacué, il suffit de lire le discours – c’est « niet », en particulier au gel effectif des colonisations, clé de tout progrès vers la paix. Une interprétation historique très personnelle et des conditions de discussion si inacceptables pour tout Palestinien et tout Arabe (pas de partage de Jérusalem, pas de contrôle de l’espace aérien et des frontières, pas de retour de réfugié - fût-il strictement symbolique, puisqu’il ne saurait en être autrement, etc.) qu’il est difficile de voir comment une avancée pourra être réalisée. Sans surprise donc, mais il reste à Obama, auquel ce discours était essentiellement dirigé, à réagir après son accueil très diplomatique de l’intervention du Premier ministre, jugée positive. C’est qu’Obama ne prendra pas le sujet de front. Il avancera probablement comme il l’a fait jusqu’ici, pas à pas. Il faudra voir quelle initiative diplomatique il prendra dans les mois à venir et comment les Etats arabes réagiront à leur tour aux récents échanges qui les concernent mais auxquels ils n’ont, pour l’heure, pris aucune part.
Plus loin de nous, Obama doit en revanche faire face à un dossier qui s’est imposé sur l’agenda présidentiel après les essais nucléaires souterrains du 24 mai, la Corée du Nord. La visite du président sud-coréen a mis en exergue la nécessité de résoudre deux sujets consubstantiels ; l’équilibre régional en Asie du nord-est et l’affaiblissement du régime de non –prolifération provoqué par les agissements de Pyongyang.
Le sommet américano-coréen a eu pour objet de réaffirmer la solidité de l’alliance entre les deux pays, élément clé du rôle et des intérêts américains en Asie-Pacifique avec l’alliance nippo-américaine et celle avec Taïwan. Le parapluie nucléaire américain couvre Japon et Corée du Sud. Lee a demandé qu’il soit confirmé par écrit. Même sans cela, l’alliance permet de garantir que les déclarations bellicistes de Pyongyang resteront un effet de manche, car si le Nord attaquait le Sud, une intervention US serait inévitable – ce fut le cas en 1950 (guerre de Corée).
S’ajoute à cela la crise économique et la ratification de l’accord bilatéral de libre-échange, que les circonstances politiques intérieures en Corée comme aux Etats-Unis rendent plus qu’incertaine. Le président Lee avait, au lendemain de son élection, levé l’embargo sur les importations de bœuf américain dans un geste de bonne volonté qui avait suscité l’ire d’une partie de l’opinion et des manifestations importantes à Séoul. Les Américains sont particulièrement sensibles aux obstacles commerciaux qui frappent leur industrie automobile en Corée – la déroute de cette industrie historique interdit une avancée rapide sur le libre commerce dans un avenir proche.
Ainsi l’importance de l’alliance américano-coréenne, qui pourrait être renforcée politiquement, et les enchevêtrements du politique (Corée du Nord, prolifération et équilibre stratégique régional) et de l’économique (le commerce comme moyen d’influence et de stabilité par la prospérité partagée) - ce dernier otage de la politique intérieure - sont-ils exposés par cette visite. Celle-ci passe inaperçue en Europe, mais elle affecte la paix mondiale dans ce qui, bien plus que la sage et prudente réorientation politique US en Palestine/Israël, représente le premier test de sécurité auquel est confrontée l’administration de Barack Obama.
8 juin 2009
Obama au Caire
Le discours du Caire du 4 juin voulait rompre avec l'hostilité qui caractérise plus que jamais les relations entre l'Amérique et les peuples arabes et musulmans. Obama a choisi un haut lieu du savoir en terre d'Islam avec l'université du Caire et un pays clé parmi les alliés des USA dans la région.
Le discours a abordé l'islam, rappelant la contribution du monde arabo-musulman à la culture mondiale et le prestige de la civilisation islamique, puis des sujets plus contemporains, Palestine, prolifération nucléaire, et des sujets "civilisationnels", démocratie, liberté religieuse et rôle des femmes. Ce a dernier a d'ailleurs valu une mise point par le président français à Caen, qui a souligné que le port du voile ou de tout autre signe d'appartenance religieuse était accepté, hors agents de l'administration publique, dès lors qu'il résultait d'un choix et non d'une obligation faite par l'entourage, cette nuance ayant probablement échappé aux Américains.
Parmi ces sujets, au lendemain de la visite de Nethanyahou à Washington, celui qui importait le plus était évidemment la Palestine. La confrontation avec Israël est nette. Le gouvernement israélien ne reviendra pas sur les colonies que les USA demandent expréssement d'interrompre, y compris l'extension des existantes. Le cancer que représente le grignotage systématique des terres par la force a été laissé de côté mais il est au coeur du problème. Obama a été clair: "The United States does not accept the legitimacy of continued Israeli settlements."
L'attitude d'Obama et le semi-échec de Nethanyahou à Washington sont donc un signe de changement. Le langage reste toutefois très diplomatique. Rien de spécifique concernant le règlement du conflit israélo-palestinien, sur Jérusalem, la crise humanitaire à Gaza ou les massacres de l'hiver dernier. Des phrases étonnantes ont cependant ponctué le discours du président américain: "l'islam fait partie de l'Amérique" a dit Obama, rappelant que les USA comptaient 1200 mosquées... Obama a parlé d'occupation et de ségrégation, ce qui doit contribuer à changer la perception mutuelle peu à peu. Obama a par ailleurs évoqué l'initiative de paix arabe avancée par l'Arabie saoudite et mentionné que ce qui se disait en privé devait être le discours public, tant du côté palestinien que du côté israélien (la reconnaissance d'Israël s'impose avec la même évidence que la nécessité de créer un Etat palestinien - viable, ce qui renvoie aux colonies et à la ségrégation).
Le discours du Caire peut apparaître comme manquant de substance, mais c'est un premier pas. Il faut laisser le temps au président américain qui a manifestement une idée peu conventionnelle sur la question des relations avec le monde arabo-musulman et le conflit du Proche-Orient. Obama définit le champ du débat et pose ses marques.
L'initative est suffisamment extraordinaire pour ne pas être saluée comme un acte politique de haute valeur. La substance devrait venir, mais déjà une ligne rouge a été posée, pour servir à la résolution d'un conflit qui empoisonne les relations américano-arabes et celles aussi entre l'Europe et la région.
21 janv. 2009
Obama et le Moyen-Orient: premiere surprise?
Le président Obama a désigné l'ancien sénateur George Mitchell comme envoyé spécial au Moyen-Orient (cela prendra effet après confirmation par le Sénat de la nomination de Clinton au département d'Etat).
Tous les noms ayant circulé jusqu'ici ne soulevaient pas un grand enthousiasme et n'auguraient pas d'un changement décisif de la politique américaine sur un dossier israélo-palestinien qui affecte terriblement les relations des pays occidentaux, y compris européens, avec le monde arabe. Kurtzer, Ross, Indyk et autres, tout ceci n'était pas encourageant.
Le choix de Mitchell, dont le travail lors des efforts de Bill Clinton pour un règlement proche-oriental furent largement salués, et qui n'entretient pas de lien particulier avec les Israéliens tout en ayant un lien proche avec la région - et même avec un acteur sans controverse, le Liban, dont sa mère était originaire - augure de meilleurs présages.
Catholique, de père irlandais, Mitchell a aussi joué un rôle très important, on s'en souvient, dans la médiation clintonienne en Irlande du Nord.
Sans s'enthousiasmer outre mesure, disons que la discrétion dans laquelle ce nom a été tenu montre peut-être une méthode de travail du nouveau président à la hauteur de son jugement intellectuel et de son sérieux. Une tentative d'insuffler moins de partialité dans la politique américaine au Proche-Orient? C'est par là que passera la réconciliation de l'Amérique avec le monde.
5 janv. 2009
Dynamo française
La presse US a quelques commentaires sur la situation en Palestine. Elle souligne l'activisme du président français et son énergie inextinguible, après une présidence de l'UE qu'elle salue.
Il est fait état du fait que les relations établies par la présidence avec Damas en 2007 et les relations entretenues dans le monde arabe, permettent aujourd'hui de donner crédit aux efforts français au Moyen-Orient, et à la tentative de médiation du président aujourd'hui. Si celui-ci est décrit comme "leader de crise" autoproclamé, du moins le rôle de la France est-il observé, tandis que les Etats-Unis sont soit inexistants, soit prisonniers de leur alliance.
Le président-élu est resté très discret sur le sujet, depuis l'offensive israélienne. On peut attribuer ce silence au fait que n'étant pas encore investi, Obama se garde de commentaires sur la politique étrangère, particulièrement sur un sujet aussi sensible qu'Israël.
Du reste, on peut penser que, malgré les signes donnés que sa vision des choses n'était pas conventionnelle, le sujet est si complexe et sensible qu'il ne serait pas surprenant qu'Obama choisisse de ne pas s'y plonger. Les événements s'imposent aux décideurs, contraints parfois de revoir leur priorités. Mais il paraît plus sage de ne rien attendre de la nouvelle présidence sur le front israélo-palestinien. Les dossiers urgents sont si nombreux, à commencer par l'économie, qu'une montée au créneau sur celui-ci semble bien improbable.
18 déc. 2008
Obama et la question israélo-palestinienne
La sempiternelle question du conflit israélo-palestinienne, qui empoisonne les relations entre les pays occidentaux, USA en tête, et les pays du Moyen-Orient et le monde arabo-islamique plus généralement, sera l'inévitable petit caillou dans la chaussure du nouveau président américain.
Le scepticisme commande de ne pas se faire trop d'illusions sur le "changement", pourtant l'évolution de la situation vers le mauvais tend à laisser espérer une réorientation de la politique américaine, malgré des premiers signes défavorables comme la probabilité que Dan Kurtzer soit nommé envoyé spécial pour le Moyen-Orient:
* le Likoud a le vent en poupe et Netanyahou pourrait devenir le prochain PM;
* l'humeur générale en Israël est à la confrontation, des affrontements ont eu lieu récemment qui obèrent la trève entre Hamas et Israël venant à échéance demain;
* il apparaît chaque jour plus évident que faire du Hamas un interlocuteur est un acte de raison, comme cela est clairement expliqué dans mon ouvrage "Après Bush" - en France un haut fonctionnaire du Quai d'orsay a publié une longue tribune dans Le Monde du 10 décembre pour défendre enfin ouvertement cette approche;
* Olmert lui-même a sévèrement critiqué la poliique israélienne dans les Territoires, à l'instar d'autres figures israéliennes, sauf qu'il est PM en exercice;
* le Hamas n'est pas le parti extrémiste que l'on dépeint souvent et a modéré ses positions à l'image de l'article de destruction d'Israël devenu "caduc" dans la charte de l'OLP en 1993;
* le prochain secrétaire d'Etat américain, H. Clinton, avait pris position en faveur d'un Etat palestinien;
* la compréhension des problèmes dans leur complexité par Obama tranche avec l'attitude de W et laisse espérer, malgré les pressions politiques internes, que l'intérêt américain à mettre un terme à ce conflit prévaudra.
D'autres facteurs encore peuvent être insérés dans l'équation, mais globelement la politique israélienne apparaît comme une impasse pour tous les acteurs en présence, et la perpétuation de ce conflit mine la société israélienne de l'intérieur, faisant échec à un projet sioniste qui est pourtant, dans une large mesure, une réussite économique.
Au fond, les événements et les tendances, plus que les hommes, pourraient faire osciller nettement la politique américaine, d'autant qu'Obama est sûrement le mieux placé pour être l'instrument de cette révision. Un prognostic serait déplacé, mais derrière le scepticisme brille d'une faible lueur l'attente d'un acte de raison.
23 juil. 2008
Bataille de mots
La campagne de John McCain souligne les supposées contradictions d'Obama sur le statut de Jérusalem, où le démocrate est en visite officielle, dénonçant son retour sur ses propres propos selon lesquels la Ville sainte doit être la capitale unifiée d'Israël, et que le destin de Jérusalem sera l'objet de négociations entre les parties concernées.
Bataille de mots. Comme sur le port d'arme ou l'interdiction du mariage homosexuel, les candidats doivent s'adapter à leur audience, rien de plus. L'insistance de la campagne de McCain sur les formulations des adversaires n'élève pas le débat. Ça tourne en rond. Or, si le républicain garde l'avantage en matière de politique extérieure et de sécurité, le démocrate se défend bien sur ce terrain, en dépit d'un manque d'expérience qui restera un reproche majeur.
Quelle leçon tirer de ces escarmouches et de la visite d'Obama en Israël ? D'une part, que le poids de la question israélienne dans la politique intérieure américaine est considérable et le restera. D'autre part, que pour cette même raison, il n'y a guère à attendre quant à un ajustement de la politique des Etats-Unis sur ce dossier même en cas de victoire - souhaitable - d'Obama. Si McCain est élu, ce qui me paraît le plus probable, il est à craindre que son indépendance d'esprit n'aille pas jusqu'à remettre en cause les fondamentaux de la politique bushienne vis-à-vis du conflit du Proche-Orient. Surtout s'il s'entoure des ineffables Lieberman et Giuilani au département d'Etat et au Pentagone, comme cela est parfois évoqué.











