| Articles en français | Posts in English | Abonnement | Liens |


6 nov. 2008

La cause de l'Amérique

L'élection de Barack Obama est l'aboutissement spectaculaire d'une entrée dans la lumière lors de son allocution à la convention démocrate de 2004.

A cette époque, Obama avait compris que l'Amérique divisée avait besoin de se resouder, particulièrement à un moment où les divisions culturelles, celles entre une Amérique de droite et une Amérique de gauche, avec tous les stéréotypes que cela comporte, des zones de résidence aux habitudes alimentaires, étaient exacerbées par la campagne de Bush qui avait fait des moeurs (mariage homosexuel, religion, port d'armes, avortement) un point clé de son message politique.

Obama n'a cessé, depuis, de plaider pour l'unité et le rassemblement, à l'instar d'un John McCain dont la carrière de parlementaire était un exemple de bipartisanisme, de capacité à s'entendre avec ses adversaires politiques et à franchir la ligne des partis. L'Amérique en 2008 a voté pour que la politique change à Washington, et pour que les Américains de tous horizons se retrouvent dans un projet et une aspiration communs.

En 2009, comme je l'ai écrit dans "Après bush", l'Amérique retriuvera le chemin du centre rationnel et du bipartisanisme, en particulier sur les questions de sécurité nationale. Il y a eu, de Roosevelt à Reagan et Clinton, continuité malgré les réajustements idéologiques et les passages sensibles d'un discours de détente et de coopération à une rhétorique plus offensive. Mais la période Bush a rompu avec cette tradition qui réunit les administrations républicaines et démocrates, en privilégiant une lecture du monde idéologique et en méprisant la concertation et la connaissance des réalités étrangères - et au plan intérieur, en polarisant excessivement la société.

Obama a saisi tout cela, comme l'avait sais aussi John McCain, mais il l'a mieux exprimé, tant sa propre histoire est celle d'une quête d'identité et de sérénité. Obama s'assume comme Américain, au-delà de son metissage. L'Amérique a aussi envie d'assumer ses différences en partageant plutôt qu'en s'affrontant.

Elle a d'autant plus besoin de ce retour à un mode tempéré de la politique que les défis sont considérables, particulièrement la refonte du modèle social avec la restauration de la classe moyenne et la réforme des sacro-saintes institutions de protection sociale (Medicare, Medicaid et Social Security).

L'Amérique d'Obama est une synthèse, celle de McCain a l'habitude du dialogue. Les Américains vont redécouvrir les ertus du bipartisanisme et abandonné l'esprit de parti, marque de la présidence Bush. Elle va tenter de réinventer un progressisme qui cependant ne reniera pas les valeurs conservattrices ancrées dans l'Amérique d'Obama comme dans celle de McCain.

blog comments powered by Disqus
Déjà articles à ce jour sur ce blog.



Haut de la page