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21 août 2008

McCain : Obama est remarquable



« Il a dit que ça [le renfort de troupes] ne marcherait pas. Il a annoncé sa politique en Irak la veille de sa première visite là-bas après 900 jours, et refuse ensuite de reconnaître que le "surge" a réussi. Remarquable, remarquable. »

La déclaration de McCain contre Obama ce mercredi met les choses au point. Elle indique clairement que la sécurité nationale reste la clé du positionnement du républicain auquel il faut absolument éviter que le moindre doute s'installe sur sa capacité à diriger un pays en guerre et sur l'incapacité de son adversaire à prendre les rênes du pouvoir. Parce que ce que dit McCain n'est pas faux, contrairement à certains spots publicitaires ou déclarations de la campagne, ses arguments font mal. Car au fond, ce qui risque de compter davantage que l'opposition d'Obama à la guerre en Irak en 2003, c'est la bonne stratégie pour sortir de l'ornière, et là-dessus le républicain est loin d'être mal placé. Comme Obama avait raison de condamner la guerre "stupide" selon ses propres termes, McCain avait raison, bien avant que la décision soit prise par le président, de considérer que des renforts substantiels étaient nécessaires pour reprendre le dessus en Irak. Cela était vrai en 2007, ce le sera encore en 2009 (Obama annonce un retrait des troupes dans les seize mois suivant son intronisation).

McCain reprend en tout cas l'initiative. Condoleezza Rice aussi, du fait des événements de Géorgie. La secrétaire d'État, assez surestimée jusqu'ici de mon point de vue car n'ayant pas joué son rôle lors de la décision d'envahir en 2003, prend de l'autorité dès lors que l'on revient à son sujet de prédilection : l'ancienne URSS. Ses déclarations fermes face au pouvoir russe qui ne retire pas ses troupes dans les délais promis lui donnent une dimension qu'elle n'avait pas. Beau retour, mais un peu tardif.



Cet article est une co-édition Politique américaine / Agoravox

18 août 2008

Vice-présidence

Dans les prochains jours, John McCain et Barack Obama devront choisir leur vice-président parmi de nombreux prétendants. Le républicain McCain pourrait dévoiler le nom de son colistier dans la semaine. Le démocrate Obama a proposé à ses supporteurs d’« être les premiers à savoir » le nom de son vice-président en s’inscrivant sur une liste de personnes qui recevront un SMS dès l’annonce du choix. Voici une liste des personnalités américaines qui comptent dans la course au poste de numéro deux des États-Unis.

Candidats républicains
Mitt Romney, 61 ansTim Pawlenty, 48 ansCharlie Crist, 52 ansRob Portman, 52 ansMark Sanford, 48 ans
Carly Fiorina, 53 ansSarah Palin, 44 ansTom Ridge, 62 ansJohn Thune, 47 ansJoe Lieberman, 66 ans
Candidats démocrates
Tim Kaine, 50 ansJoe Biden, 65 ansEvan Bayh, 52 ansChuck Hagel, 61 ansKathleen Sebelius, 60 ans
« Je réitère mon pronostic : il est certain qu’Hillary ne fait pas même partie des candidats. »
Bill Richardson, 61 ansHillary Clinton, 60 ans



De la Géorgie au Pakistan, un jeu de montagnes russes

Menacé de destitution par la coalition parlementaire qui fait la Majorité, Pervez Musharraf a annoncé aujourd'hui sa démission de la présidence du Pakistan. Ce vide donne un haut-le-cœur. Non que Musharraf soit aimable, mais on sait ce que l'on perd et l'on ne sait pas ce que l'on gagne, dans un pays qui représente un danger réel pour la paix régionale et partant, mondiale, puisque le Pakistan possède l'arme nucléaire. Le renversement dans la violence que l'on pouvait craindre ne s'est pas produit et c'est donc tout en douceur que se passe la transition. L'armée n'a pas suivi son ancien chef et les États-Unis ont sans doute pesé dans la balance. Il reste que l'incertitude domine encore l'avenir de ce pays clé dans la lutte antiterroriste, où la majorité politique hétéroclite risque de se fissurer par soubresauts une fois éliminé son ennemi commun.


Autre haut-le-cœur, les déclarations de la chancelière allemande sur l'adhésion future de la Géorgie à l'OTAN. Après le sommet de Bucarest au printemps, qui avait enterré le projet de Bush sur une entrée de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'Alliance, l'Allemagne affirme que la Géorgie sera dans l'OTAN. L'apaisement et la mise en ordre des relations euro-russes dans un cadre stratégique et politique réfléchi ne seront pas facilités par ces déclarations. C'est pourtant un enjeu européen majeur des prochaines années. L'élection de John McCain ne devrait pas non plus faciliter la gestion par les Occidentaux des incertitudes russes quant au destin de la Russie post-soviétique. Un président Obama serait plus en phase avec les exigences de ce défi qu'ont en partage Européens et Américains.

Les erreurs des années 1990 se payent. Comment créer une relation de confiance avec la Russie ? Cette question restera sans réponse si l'on cherche à repousser toujours plus les limites de l'empiètement de l'influence russe sans contrepartie significative.

17 août 2008

McCain pro-life, Obama pro-choice


Samedi 15 août, ce n'était déjà plus exactement la trêve pour les candidats, qui furent reçus par le pasteur californien Rick Warren, grande star de l'évangélisme américain, pour donner leur opinion sur les grands sujets de société qui ont tant servi George W. Bush, en particulier l'avortement.

L'exercice était d'autant plus attendu que McCain n'est pas une icône des évangélistes et qu'il doit resserrer derrière lui la base militante républicaine, où ceux-ci comptent beaucoup. Plus de 80% des évangélistes ont voté Bush en 2004, mais moins de 70% font aujourd'hui confiance à McCain. En outre, la vie paroissiale d'Obama à Chicago en fait un candidat démocrate hors norme, car pour la première fois le parti des "libéraux" (gauche et centre gauche) peut prétendre séduire une partie des électeurs attachés aux "valeurs" (foi et famille).

Les objectifs des candidats étaient simples : McCain devait montrer que, comme le président Bush, il était un des leurs et partageait leurs valeurs, poursuivant la longue alliance du parti républicain et des organisations évangélistes depuis Ronald Reagan. Obama devait se révéler comme un connaisseur des choses de la religion et un homme de foi. Chacun semble avoir réussi son pari auprès de cet électorat - pour peu que les évangélistes décident de se mobiliser en masse comme ils l'ont fait en 2004.

Sur l'avortement, McCain considère que la vie commence dès la conception de l'enfant et a donc affirmé clairement qu'il était opposé à l'avortement. Cette position est à nuancer car en réalité les conditions de l'IVG (interruption volontaire de grossesse), en particulier le terme de la grossesse auquel l'intervention a lieu, est le fond de l'affaire. La position des candidats a été discutée sur un mode plus général qui souligne leurs différences. Et en effet, Obama n'a pas craint de se déclarer "pro-choice", considérant que les femmes qui avaient recours à l'IVG ne le faisaient pas à la légère. Malgré cette position, anathème pour les évangélistes, Obama n'a pas soulevé de tempête et s'en est bien sorti. Sa côte de popularité auprès des évangélistes est de 20% environ, ce qui n'est pas négligeable.


Bien sûr, les évangélistes voteront majoritairement républicain, mais dans une élection qui s'annonce serrée, toutes les voix compteront.
C'est plutôt du côté des partisans de Hillary Clinton qu'il reste encore du travail à Barack Obama. L'Amérique démocrate des petites villes et le vote démocrate féminin ne lui sont pas entièrement acquis. Près d'un cinquième de ces catégories déclarent leur préférence pour le candidat républicain. La convention de Denver dira peut-être si ce petit écart résiste à l'approche du duel qui aura lieu après les investitures officielles, y compris avec l'annonce des colistiers pour la vice-présidence.

Déjà articles à ce jour sur ce blog.



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